Vendredi 26 octobre 2007
Tous les hommes ont un passé. Et, même si nous les préfèrerions vierges de toute histoire (mais avec de l'expérience quand même…), nous devons composer avec ce passé. Et croyez bien que George Clooney a quelques dossiers féminins derrière lui, qui ne demandent qu'à se rouvrir et à envoyer votre histoire aux archives, en rajoutant un petit préfixe à votre titre d'épouse : ex.

Il est déjà difficile de composer avec la foule d'aspirantes du présent, car la vie de George ressemble à un cabinet de gynécologue : un grand rassemblement de femmes prêtes à docilement ouvrir les cuisses pour le docteur. Mais en plus de cela, il faut également savoir gérer la génération ex. Car elles sont nombreuses et forment une étrange espèce.  Principalement parce qu'il en existe diverses sous souches qui ne se ressemblent pas, et ne permettent donc pas de définir une politique commune pour toutes.

Il y a "l'ex & meilleure" (ex-copine & meilleure-copine). A priori, une race bénigne (sauf mutation dans la deuxième souche ci-après). Bienveillante, elle souhaite le bonheur de George, et vous apprécie pour votre contribution. Ce qu'on aime moins : les périodes où elle est célibataire…

Il y a la "fausse gentille" (dégénérescence de la souche "ex & meilleure") : celle qui vous sourit, vous aime bien, joue les bonnes amies, et vous glisse pleine d'empathie de bons conseils peaux de banane, et s'installe avec du pop-corn pour vous voir vous ramasser. Ce qu'on aime moins : elles sont difficiles à reconnaître. Le  principe de précaution est donc de rigueur, tout ce qui sort de la bouche d'une ex est à manipuler avec circonspection.

Il y a la "vraie rivale", celle qui L'aime toujours, celle qui, à défaut de vous provoquer dans un salutaire duel au fleuret dans une clairière, vous annonce qu'elle mettra toute la passion de ses 2m40 de jambes élevées à la Barbade et de son bonnet C pour le récupérer. Ce que l'on aime : la franchise de la démarche. Ce que l'on aime moins : les 2m40 de jambes et le bonnet C.

Il y a "l'ex-mytho-klepto", celle qui pense avoir vécu une histoire avec George parce qu'elle l'a croisé à Deauville. Celle qui vole à droite à gauche les histoires des autres, épluche les blogs et les tabloïds, et vous en sort un condensé aussi original que vrai. La seule relation fougueuse vraiment vécue avec George fut une soirée arrosée, une pub Nespresso dans une main, un godemiché dans l'autre. Ces ex méritent toute notre sympathie, car, inoffensives, elles ne nous feront pas d'ombre et feront une grande carrière chez Elle.

Et puis il y a l'Ex, avec un grand E, celle qui a eu la bague. Et cette race-là ne se commente pas. Respect.

Et malgré toutes ces ex, George reste un homme de l'avenir. Pour autant, il n'oublie pas son passé, ni les femmes qui l'ont jalonné. Mais il sait que si chacune de ces histoires a eu une fin, c'est que l'amour était à l'image du temps auquel il se conjugue : imparfait.




Par Caroline Clooney
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 18 septembre 2007
Pas facile de fréquenter un homme qui a un palmarès féminin aussi long qu'une réunion budgétaire après une blanquette au déjeuner. Avant que l'on se rencontre, George avait une vie amoureuse très active. Amoureuse, c'est pas franchement sûr, mais active très certainement. Serveuses françaises, compatriotes actrices, mannequins croates... Difficile de savoir comment ferrer un homme qui papillonne parmi le sexe faible comme une femme à qui on aurait donné open carte bleue chez Sephora. Pourtant, George est l'opposé d'un homme volage. Il est inutile d'aborder le très décrié thème de "l'engagement", il n'est pas en option pour George, il va de soi, avec le sourire, les orgasmes et le café. On ne peut pas dire que tous les contemporains de George aient la même vision.

Dans mes années de célibat (discontinu), j'ai eu l'occasion de me frotter à quelques pièces rares de phobiques de l'engagement. Au delà même de l'engagement, phobiques de tout ce qui ressemble de près ou de loin à quelque chose de "suivi". Se revoir? plusieurs fois? beeeuuuurk! on va croire qu'on est ensemble après, t'es dingue!

Ces phobiques, extrêmement créatifs, ont ainsi réussi à créer deux concepts qui ont fini par rentrer dans les moeurs.

Le premier concept : celui de l'amitié sexuelle. Formidable l'amitié sexuelle! On a inventé la relation, rupture incluse : on boit un verre, on couche ensemble et on se sépare en restant bons amis. La posologie : un traitement de 24h, à renouveler 5 ou 6 fois par an. Encore une imposture à laquelle nous nous sommes docilement pliées, pensant y voir une expression de notre indépendance (imposture originelle).

Le deuxième concept : celui du contrat. Après tout, dans une société moderne régie par les avocats, la logique voulait que les rapports humains tombent eux aussi sous une houlette procédurière. Quand une relation démarre, certains hommes, dans un grand souci d'honnêteté, annoncent la couleur : "c'est uniquement sexuel, on ne s'attache pas". Et la femme, dans son masochiste optimisme candide pense qu'il sera toujours temps de re-négocier les clauses ultérieurement. Que nenni. Sous couvert de l'honnêteté, se cache en fait une magnifique ouverture de parapluie, pour qu'on ne vienne pas leurs briser les joyaux de la couronne avec de la culpabilité. Et c'est comme ça que 8 ans après, l'homme vous dit "tu ne peux pas m'en vouloir, on avait dit qu'on s'attachait pas".

En même temps, je ne mets pas tout sur le dos des hommes. Loin de là. Nous sommes de sacrées comédiennes, oscarisables d'ailleurs pour nos rôles de femmes cools, indépendantes, qui ne demandent rien, et qui, derrière leurs sex toys, cachent le catalogue Pronuptia, et tricotent au cas où de la layette en regardant Sex & the city.

La plus grande imposture, c'est nous finalement.




Par Caroline Clooney
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 27 août 2007
Il est grand temps d'aborder un sujet qui vous interpelle toutes (et tous) concernant George Clooney : le sexe. D'ailleurs, qu'il concerne George ou pas, le sujet désintéresse rarement grand monde.

Je dois avouer que sur ce thème, il y a deux personnes au monde que je n'envie pas : le président des Etats Unis et George Clooney. Car être connu comme l'homme le plus puissant du monde (ou d'Hollywood) vous colle une sacrée pression sur les épaules quand arrive l'heure de l'oeuvre de chair. Et pour George Clooney, c'est pire, car finalement, je subodore qu'il y a peu de monde qui se bouscule à l'entrée de la Maison Blanche, pour vérifier si Bush est l'homme le plus puissant du monde aussi bien dans un bureau ovale que dans un lit rectangle. Néanmoins, il faut croire que certains se subliment sous la pression, car George (Clooney) ne se contente pas d'être à la hauteur du fantasme que l'on s'en fait, il le surclasse dans les grandes largeurs, et relègue ainsi tous les orgasmes d'autrefois au niveau de plaisir d'un milkshake à la fraise chez McDo. Et pourtant ce n'était pas gagné d'avance, car les femmes ne sont pas si faciles à satisfaire. Moi la première.

Aujourd'hui, le plaisir féminin ne semble plus être un tabou. On pourrait croire que les femmes ont ainsi fait un grand pas en mettant leur jouissance sur la place publique. Mais à bien y réfléchir, c'est une victoire à l'arrière-goût d'arsenic. Car un sujet qui devient public, est un sujet qui appelle les poncifs. Le thème de l'orgasme des femmes, au lieu de rester paisiblement planqué dans la forêt de l'indifférence, ou dans le petit bois du tabou, devient donc le centre de toutes les analyses de comptoir et des a priori consensuels (qui sont d'ailleurs souvent plus cons que sensuels). Tout le monde en parle, donc tout le monde peut en dire n'importe quoi.
Et c'est ainsi que l'on voit fleurir des clichés qui établissent ainsi l'ennemi public n°1 de la jouissance : la normalité. Car ces normes égarent encore plus ces brebis sans GPS que sont les hommes face au sexe féminin.
NON les femmes ne sont pas toutes clitoridiennes. Et celles qui ne le sont pas ne sont pas pour autant des monstres qui doivent se cacher. Ni des phénomènes de foire que l'on présente à la foule, à la fin des émissions d'Ardisson, entre un serial-killer reconverti en moine sénobite, et un junkie transformiste SM auteur d'un guide culinaire underground. C'est important de le dire, ne serait-ce que pour rassurer la minorité vaginale opprimée. D'ailleurs nous devrions nous organiser en syndicat et descendre dans la rue pour faire valoir nos droits.
Et puis, à force de parler de jouissance, on finit par croire qu'elle est normale et automatique. NON, les femmes ne naissent avec l'orgasme de série. Ce n'est pas un algorithme  : action => friction => réaction. Et ce n'est certainement pas le jour où on laisse notre hymen quelque part sur les draps bleus d'un bellâtre de Terminale C, que l'on y accède. Les femmes ne démarrent pas leur vie sexuelle avec la garantie d'un accès systématique au 7ème ciel. Biba peut bien vous dire que l'orgasme c'est génial (sans dec?), ce n'est pas ça qui le rend plus accessible. Il faut arrêter de mettre la pression aux femmes. C'est un droit, pas un devoir. Ne pas jouir n'est pas une honte (c'est un travail d'équipe je le rappelle). Mais ne pas chercher à nous faire jouir, ça c'est une honte.

Et George ne ménage jamais sa peine en la matière. Cet homme est le Christophe Colomb du sexe féminin, le Marco Polo du minou, l'Amerigo Vespucci du plaisir... On devrait donner son nom à des partie de l'anatomie féminine ou créer des verbes en hommage : "il m'a chatouillé le George et j'ai clooné".
Parce que George, c'est un plateau d'huîtres au gingembre saupoudré de corne de rhinocéros.


Par Caroline Castaing
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 20 août 2007
Certaines d'entre vous me haïssent et sincèrement, je ne peux pas vous en vouloir. Vous m'enviez, et je vous comprends. Moi-même parfois je m'envie. Mais dites vous bien que tout n'a pas toujours été rose. J'ai été une galérienne de l'amour. Il faut croire que ça m'a valu quelques bons points karmiques parce que la compensation est plutôt plaisante. Mais avant de porter l'alliance la plus convoitée du monde, j'ai eu mon lot de plâtres à essuyer. Cas sociaux, handicapés du sentiment, autistes émotionnels, artistes indisponibles, hommes mariés trop disponibles… tout ce que le monde pouvait porter de tordus croisait systématiquement mon chemin. C'est bien simple, dès qu'ils ondulaient un peu de la toiture, bingo, c'était pour moi. Croyez moi quand je vous dis que je n'oublie pas d'où je viens. Parce que j'en ai soupé du crétin avant de tomber sur George. Et être une femme n'est pas toujours un atout en matière de discernement.

Il faut dire que quand Dieu nous a dessinées, nous les femmes, il avait dû abuser de certaines substances pas franchement légales. Imaginez-vous en train de constituer Monsieur Patate sous amphétamines, et je pense que vous aurez une vision assez conforme à ce qui a dû se passer dans son atelier le jour où il nous a créées. Certes il nous a dotées d'une merveilleuse sensibilité, mais il y a ajouté notre empathie, et là, il y est allé un peu fort. Car entre empathie et masochisme, il y aurait comme un cousinage… J'en veux pour preuve cette attraction maladive que nous avons pour les artistes. De préférence torturés. Et plus ils souffrent, plus on les aime… putain d'empathie!

Voilà donc comment, avant George, je me suis fourvoyée avec quelques artistes. Et en particulier, les musiciens. Quand vous pensez musiciens, vous vous imaginez une vie d'harmonie. Un bœuf perpétuel. Un couple au diapason…et tout plein d'autres clichés musicaux aussi grotesques qu'erronés. C'est dans cette veine là qu'un jour j'ai rencontré un pianiste, monstrueusement talentueux, et après quelques rencontres impromptues savamment orchestrées, nous voilà sur le registre de la séduction. Imaginez une merveilleuse soirée. Il vous invite au restaurant. Il paye. Vous invite chez lui. Vous dit que vous êtes belle. Jusque là, tellement parfait que sans remords, c'est la reddition absolue, vous lui accordez vos faveurs. Il les mérite bien après tout. Et soudain, il vous glisse, comme un compliment : "on va se voir de temps en temps, à l'occasion, ce sera cool." Dans le feu de l'action, bien évidemment le cerveau se refuse à fournir une exégèse potable de cette phrase au sens pourtant plus que douteux. Et toute envahie de musique, sans même réfléchir plus avant aux mots qui viennent d'être prononcés, vos vêtements sont sur le sol (allons y sur le jeu de mots "notes de musique"). Plus tard, épuisée par ce moment d'harmonie, vous vous apprêtez à vous blottir contre lui, quand il se lève, quitte la chambre et revient quelques minutes après, armé de son iPod, se le colle sur ses oreilles et vous abandonne au silence. Curieux tout de même. Sauf que l'iPod, ajouté à la petite phrase… soudain, tout s'est mis en place dans mon cerveau, et j'ai reconnu le morceau qui m'était joué, le tube planétaire "Juste pour un soir". Et Dieu sait si je déteste cet air, sauf que d'habitude, j'en reconnais les premières notes avant d'écouter le morceau en entier. Enfer et damnation.
Si mes plus grandes émotions furent musicales, mes plus grandes déceptions le furent aussi. Le pianiste autiste, le batteur à la vodka… rassurez-vous, ça s'arrêtera là dans les "expériences musiciens", je ne me suis pas envoyé un philarmonique non plus…

N'empêche que quand on s'endort, George, lui, ne met pas son iPod. Il dégage délicatement vos cheveux et vous  murmure cette phrase qui vous serre le cœur comme un expresso : "à demain" (car avec lui, il y en a un, de lendemain). Puis il rit. Et ça, c'est la plus douce des musiques.

Par Caroline Castaing
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 15 août 2007
Le problème, quand on vit avec George, c'est la menace extérieure. J'ai parfaitement conscience qu'il y a du monde sur l'affaire et qu'il y a nombre de poupées vaudous à mon effigie. Malgré tout, ce qui est surprenant chez George, c'est cette capacité à vous faire sentir que personne ne pourra vous déloger. Alors qu'il existe de ces gens dont la beauté finit par vous faire glisser de la fièreté à la parano.

Je n'ai jamais été une grande consommatrice de sex symbols. Mais il m'est quand même arrivé de fréquenter quelques beaux specimens. Un jour d'ailleurs, j'ai rencontré une de ces belles gueules à un concert. Très belle gueule, regard couleur Maldives, sourire à faire réchauffer de l'azote liquide, et une voix qui réveillerait la libido d'une nonne. Mais mon instinct de préservation criait au "petit con". Il sentait le "petit con" qui est beau et qui ne le sait que trop bien. La première rencontre fut donc assez brève et la conversation assez sommaire. Pourtant quelques semaines plus tard, la seconde rencontre m'a fait changer d'avis. Après une discussion animée , j'ai réalisé que derrière le sourire 100% fluor et l'oeillade aphrodisiaque, se cachait un cerveau (les femmes sont elles aussi capables du cliché simpliste du "joli cul petit QI"). La belle gueule avait donc de l'esprit. Après une conversation délicieuse sur le déterminisme selon Hegel et sur la perspective dans la peinture de la renaissance italienne, j'étais faite comme une rate. Conquise par le joli minois et les neurones cachés derrière. J'ai donc béni le destin de m'avoir envoyé cette excellente nouvelle : les beaux mecs ne sont pas tous des sales cons. 

J'en étais à ce stade de félicité béate quand il m'invite à boire une vodka chez lui. Ce que je m'empresse d'accepter. Voilà donc une soirée délicieuse, de celles qui vous font sourire benoitement pendant 2 jours. Mais après les deux jours, le sourire s'estompe pour laisser place au doute analytique : au bout de combien de jours de silence peut-on considérer que l'on s'est faite avoir? 4 jours? 1 semaine? 10 jours? Plus de 3 semaines plus tard, j'ai eu ma réponse (s'il résidait encore le moindre doute dans mon esprit), quand j'ai reçu un message : "que dirais-tu d'aller boire un verre...", message qui se terminait par une précision d'une élégance de boîte de nuit sur rocade avec lasers dans le ciel : "que dirais-tu d'aller boire un verre, de la vodka bien sûr". Le message n'était ni sybillin, ni subliminal. Non seulement je m'étais faite avoir, mais en plus il avait l'intention que l'on remette ça, de temps en temps, quand l'envie lui prendrait. J'ai donc décidé de décliner arguant que la vodka avait des lendemains un peu décevants. Il aurait pu s'en tenir là, inadequation de l'offre et de la demande, affaire classée. Que nenni, il a magistralement rétorqué "désolé pour le côté sans lendemains de la vodka, mais ça fait partie de son charme". Donc il admet qu'il a envie de s'envoyer en l'air, qu'il n'a pas l'intention de me rappeler après et il essaie de me vendre que c'est toute la beauté de la chose? Et je devrais trouver ça génial? Le sexe serait-il devenu un bien de consommation jetable sans que l'on me  prévienne? Parce qu'en attendant je ne suis pas la Pizza Hut du cul. Ce genre de propositions me laisse absolument de marbre, quelle que soit la beauté du mufle qui la soumet. Si le cerveau derrière la belle gueule fut une bonne surprise, l'absence se savoir vivre en fut une bien déplaisante. Et mon honneur ne se brade pas pour avoir un canon à mon bras.

Alors plus tard, quand George m'a raccompagnée chez moi après notre première nuit, j'étais déjà résignée à ne plus entendre parler de lui. Et pourtant, le lendemain, sur le pas de ma porte, j'ai trouvé un thermos de café (what else), un croissant et un petit mot me disant que les croissants n'étaient vraiment pas faits pour être seuls, et qu'il ferait la grève du petit-déjeuner jusqu'à ce que je le partage avec lui. Il ne fit pas la grève bien longtemps. Car George est beau, sous toutes les coutures, l'homme équipé toutes options : une gueule à réchauffer la planète, un esprit à vous instruire et une élégance à faire se déshabiller toutes les âmes.

Par Caroline Castaing
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 6 août 2007
Lorsque l'on fréquente quelqu'un, vient forcément l'étape nécessaire de la présentation aux amis. Car il est un impératif tacite dans un couple : plaire aux amis de l'autre. Or s'il était évident que George plairait à mes amies, ma mission s'annonçait plus complexe. George a des amis. Beaucoup d'amis. Mais George avait surtout un ami : Max, son cochon. Oui, George avait un cochon domestique. Alors à l'heure de la grande opération de séduction des potes, s'est posée une question difficile : comment plaire à un cochon?

Pour les amis humains, c'est un défi somme toute assez simple à relever. Par le passé, je n'ai jamais vraiment rencontré de difficultés. Tout au moins apparentes. Car en réalité, il réside toujours un doute sur l'honnêteté de l'appréciation de certains, et j'ai déjà connu quelques retournements extravagants parmi les amis de mes ex. Ces amis bienveillants qui squattent chez vous le dimanche soir, mangent vos victuailles, vous déversent leur vie, et sollicitent une sagesse qui ne réside pas tant dans votre cerveau que dans le fait que vous possédez un utérus. Ils vous sollicitent pour que vous leur expliquiez, en tant que femme donc, pourquoi Julie ou Mathilde les ont quittés pour d'autres hommes, plus beaux, plus intelligents et plus sympas. Et avec votre psychologie toute ovarienne (et une diplomatie onusienne), vous les accompagnez, les conseillez, les réconfortez. Et un jour, ces mêmes amis, que vous avez soutenus, nourris, hébergés, divertis et consolés, ces mêmes amis se portent caution morale contre vous dans la rupture. Et vous vous prenez un magistral coup de baobab quand votre mec vous annonce en vous quittant : "de toutes façons, mes potes m'avaient prévenu que t'étais une salope". Et là, médusée, vous ne pouvez malgré tout vous empêcher d'admirer l'immensité de l'inconstance humaine. Car il faudra que l'on m'explique par quelle improbable mutation spontanée passe-t-on de "amie et confidente" à "salope". Me semblait que ces deux statuts ne requéraient pas les mêmes compétences. Non? Mais à un moment, on n'est plus à une incohérence près.

Bref, encore échaudée de ces déconvenues avec les amis de mes précédents mecs, imaginez si j'ai abordé sereinement l'opération séduction du cochon. Max me tolérait. Car Max n'était pas cochon à s'en laisser conter.  Il était là avant moi et entendait bien faire respecter son ancienneté. Une priorité qu'il ne me serait, cela dit, pas venu à l'esprit de contester. Mais si le cochon est difficile à charmer, il est intègre et vous savez à quoi vous en tenir avec lui. Quand Max était mécontent, je le savais. Il n'allait pas dans mon dos grogner auprès de son maître, non il réglait ça directement avec moi. Il faisait caca dans mes escarpins pour me signifier sa désapprobation par exemple. Fait-on plus direct comme message? Non. Mais parfois, derrière le masque impassible du cochon au caractère assorti, s'éveillait une lueur quand je faisais rire George. Car finalement, nous avions à cœur la même chose, étions mus par un intérêt commun : poser le plus souvent possible ce sourire chavirant sur le visage de George. Nous avons donc ratifié un accord avec Max : nous ne serions pas des amis, mais des alliés. Et Max, jusqu'à sa mort en décembre dernier, fut un allié fiable et fidèle.

Alors quand j'entends dire parfois "les hommes sont des cochons", je m'insurge, car je trouve cela insultant pour le peuple porcin. Car chez Max, derrière la boue au bout du groin, l'odeur étrange, et le caractère de cochon, se cachait finalement un être honnête, intègre et droit dans son jambon. Est-ce que tous les bipèdes bien odorants peuvent en dire autant?
 
Par Caroline Castaing
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 30 juillet 2007
J'ai refusé de coucher avec lui le premier soir. Et croyez-moi, il faut une volonté de gladiateur lobotomisé pour dire non à George Clooney. Parce que quand George vous dit qu'il a envie de vous, avec ce regard qui vous saisit par les ovaires, Dieu m'est témoin qu'aucune femme normalement constituée ne saurait refuser. La vie a décidé, hélas, de me constituer autrement, me dotant de ce cerveau malade qui me fit dire "non" ce soir là, rejoignant ainsi ce club d'élites qu'est celui des grands névrosés. Fort heureusement, George est un gentleman. Lui. On ne peut pas en dire autant de tout le monde. Pourquoi je dis ça? Par expérience. Parce qu'avant de dire non à George, j'ai dit oui à beaucoup de non-George.

C'est vrai, il va falloir que l'on m'explique à quel moment dans l'évolution de l'homme, rappeler une femme le lendemain est-il devenu l'exception et non la norme? Je ne sais quel révisionniste sournois a ainsi scié quelques barreaux de l'échelle de Darwin pour que l'on tombe si bas. Nos mères n'ont pas fait que brûler leurs soutiens-gorge, elles ont entraîné, dans leur grand feu de joie, quelques conventions sociales qui personnellement m'allaient très bien. On nous a vendu l'égalité. Et malheureusement, on l'a eue. On peut baiser comme des hommes. Formidable non? Quelqu'un a juste oublié de nous faire remarquer dans le contrat, les lignes écrites en tout petit : pouvoir baiser sans conséquence présente le revers non négligeable de pouvoir se faire baiser sans conséquence.

Voilà donc un droit que je vous rends, avec ma mini-jupe.


Par Caroline Castaing
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Commentaires Récents

Présentation

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus